• Les cyclopes

    Les Cyclopes


    Les Cyclopes de la mythologie grecque, né de l'union d'Ouranos, le ciel, et de Gaïa, la terre, étaient des géants monstrueux " au coeur violent ",
    selon Hésiode, dotés d'un oeil unique au centre du front. Ils avaient pour nom Angês, Stéropés et Brontés, à savoir Eclair, Foudre et Tonnerre.
    Ce sont eux qui donnèrent à Zeus le tonnèrre et la foudre. 
    Ils étaient frères des Titans, des Géants ainsi que des trois Hécatonchires, monstre aux cent bras.
     Les Cyclopes
    Dans l'Odyssée, Homère décrit les Cyclopes comme des ogres gigantesques, brutaux et stupides. C'est en quittant l'île des Lotophages qu'Ulysse et ses douze compagnons abordent l'île ou se trouvent ces cruels géants. En cherchant de quoi subsister, ils pénètrent dans une profonde caverne dans laquelle se trouvent des troupeaux, des claies remplies de fromage et de la vigne sauvage. Il s'agit de l'antre du cyclope Polyphème, qui ne tarde pas à rentrer, accompagné de ses chêvres, de ses moutons et de son bélier. Découvrant les minuscules hommes qui tentent de se cacher dans les recoins de la grotte, il en attrape deux par les pieds, cogne leur tête contre la roche pour la faire éclater et les avale tout crus.
    Puis le monstre va se coucher, non sans avoir condamné l'accès de son repaire avec un énorme bloc de pierre, coupant ainsi tout espoir de retraite aux malheureux navigateurs grecs.

    Le lendemain, il avale à nouveau deux hommes pour son petit déjeuner, puis deux autres le soir. Il ne reste plus que la moitié de l'équipage d'Ulysse, qui, pour tenter d'amadouer la brute, lui offre du vin.
    Le Cyclope accepte bien volontier et demande à Ulysse de lui révéler son nom. Ce dernier lui répond " Personne ". Puisque ton nom est Personne, je te dévorerai en dernier, proclame le géant avant de s'enivrer de vin.
    Assommé par l'alcool, il tombe comme une masse et s'endort.

    Ulysse en profite pour faire rougir au feu la pointe d'un énorme tronc pointu que lui et ses camarades enfoncent dans l'oeil unique du Cyclope endormi. Ce dernier se réveille en hurlant et appelle au secours les autres Cyclopes vivant alentour. Ces derniers accourent et, derrière la roche qui bloque l'entrée, demandent à Polyphème ce qui lui arrive.
    " On m'assassine ! " rugit-il. " Qui ça ? " interrogent les géants.
    " Personne ! " répond naïvement Polyphème, pensant révéler l'identité d'Ulysse. Croyant qu'il se moque d'eux, les Cyclopes se retirent.
     
    Ulysse attache alors ses compagnons sous le ventre des moutons, lui-même s'accrochant à la laine du bélier préféré de Polyphème. Ce dernier débloque l'entrée et laisse sortir le bétail, non sans palper chaque bête afin d'être sûr que ses ennemis n'en profiteront pas pour s'enfuir. La ruse d'Ulysse réussit et les hommes parviennent à quitter la grotte du Cyclope et à embrquer sur leur navire, abandonnant sans regret la contrée inhospitalière. Polyphème, prenant conscience qu'il a été berné, jette en aveugle d'énormes rochers en direction du bateau grec, mais aucun n'atteint sont but. Ne résistant pas au plaisir de narguer le Cyclope, Ulysse lui révèle alors son nom véritable.
    Les Cyclopes
     
    Il ignore cependant que Polyphème est le fils de Poséidon. Pour se venger de celui qui l'a plongé dans les ténèbres, le Cyclope demande alors à son père de jeter le marin grec dans mille épreuves et mille épreuves et tourments, qui poursuivront Ulysse jusqu'à la fin de sa quête.
    D'autres Cyclopes, moins sauvages, furent utilisés par des souverains humains pour édifier les murailles gigantesques de cités telles que Mycènes ou Tirynthe.
     
    D'autres géants à l'oeil unique sont présents dans les mythologies germaniques et celtiques, se confondant avec la figure inquiétante du borgne doté de pouvoirs surnaturels, avatar du dieu Odin, alias Wotan, qui avait accepté de donner l'un de ses yeux pour obtenir le don de double vue après avoir bu à la source de Mimir, et parcourait le monde incognito, avec un bandeau sur l'oeil, un chapeau à large bord et un long manteau. De même le roi de la forêt de Brocéliande était un immense cyclope noir au pied unique, auquels obéissaient les bêtes des bois ; elles se regroupaient près de lui à son appel et se lançaient à lassaut de ses ennemis.
    Les Cyclopes
     
    Les cycles mythologiques irlandais font fréquemment allusion à des borgnes, dont l'oeil unique semble être un signe de leur vocation royale et de leurs pouvoirs chamaniques - l'oeil du borgne, comme celui du cyclope, étant doué du don de " double vue " comme dans l'exemple d'Odin. Il s'agit en fait de l'équivalent du " troisième oeil " des sages hindous. Ainsi, lors de la seconde bataille de Mag Tured, qui opposa les Tuatha Dé Danann aus monstrueux Fomorés, vivant dans les îles du brouillard entourant l'Irlande, le dieu Lug, se prépare au combat en psalmodiant un chant chamanique tout en fermant un oeil et en se tenant sur une jambe - devenant ainsi borgne et boiteux, ces deux infirmités étant considérées comme sacrées et associées à des pouvoirs sorciers et surnaturels. Lors de la bataille qui suit, Lug affronte d'ailleurs Balot, le champion des Fomorés, géant borgne dont l'oeil fermé avait des pouvoirs maléfiques. Lors des combats, il demandait à quatre hommes de lui soulever la paupière à l'aide d'un croc bien poli ; tous ceux qu'il fixait avec son oeil maléfique se trouvaient instantanément paralysés par la peur. Lug lui creva son oeil maléfique au moyen d'une fronde, provoquant ainsi la mort du géant et la défaite des Fomorés.
     
    Le portier de Tara, capitale de l'Irlande au temps des Tuatha Dé Danann, 
    était borgne lui aussi jusqu'à ce que Oimiach et Airmed, le fils et la fille du dieu médecin Diancecht, lui aient greffé un oeil de chat à la place de celui qui lui manquait. Le portier de Tara avait désormais deux yeux, mais cela n'allait pas sans quelques inconvénients. En effet, lorsqu'il était endormi, son oeil de chat s'ouvrait au moindre bruissement de feuille ou au moindre cri d'animal. A l'inverse, lorsqu'il voulait observer attentivement les voyageurs qui se présentaient devant les portes de Tara, son oeil de chat se fermait tout seul et le poussait à s'endormir. 
    Dans le cycle d'Ulster, le roi borgne Eochaid, régnant sur la province du Connaught, dut donner son oeil unique au barde Athirne, surnommé l'Importun d'Ulster, doué de pouvoirs magiques auxquels nul ne pouvait résister. Quant à Cuhulainn, le grand héros irlandais du cycle d'Ulster, fils du dieu Lug, il était également borgne, signe de sa nature cyclopéenne et démeusurée, puisqu'il fallait tremper le héros dans trois cuves successives d'eau froide pour le rafraîchir lorsqu'il était saisi de fureur guerrière.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :